Longévité : et si nos meilleurs coachs étaient… nos basiques ?

Publiée le 3 février 2026

L’autre jour, à MODART International, je croise un étudiant (poke Waël Lamine ) : Converse aux pieds, jean qui s’arrête juste au-dessus. Et là, flashback. Je me revois ado, Converse vissées aux pieds, quelque part entre les Red Hot Chili Peppers et le Velvet Underground.

Sauf que… je ne m’autorisais plus à en porter depuis 5 ou 6 ans. Comme si “travailler dans la mode” imposait forcément des codes plus “spectaculaires”. Alors que la Converse, c’est justement tout l’inverse : un basique qui finit par dire énormément.

C’est peut-être ça, sa force sociologique : la mode est toujours un équilibre entre appartenir et se distinguer (dixit Georg Simmel). La Converse coche les deux. Tout le monde la connaît, donc elle relie. Mais personne ne la porte exactement pareil : la coupe du jean, la couleur, l’état, la manière de marcher… c’est là que se glisse la nuance, la personnalité. Et puis il y a ce truc encore plus rare : elle “supporte” le temps. Plus elle est vécue, plus elle devient crédible, comme si l’usure était une preuve de sincérité. Roland Barthes dirait que certains objets deviennent des récits, presque des mythes du quotidien : la toile, la semelle, la patine… la Converse raconte une vie plus qu’un achat. Et au fond, ça touche à une idée très simple, presque philosophique : on ne vit pas le temps comme un calendrier, on le vit comme une expérience. Une bonne paire ne reste pas neuve, elle devient.

C’est là que ça m’a frappée : en ce moment, on parle partout de longévité. Et pas seulement dans le sens “santé” : c’est devenu un territoire de désir, donc un territoire de marques. D’ailleurs, c’est Barbara Fauconnet (co-fondatrice de l’agence Rousse2), qui m’a envoyé un article du FashionNetwork sur ce glissement : le luxe se repositionne de plus en plus sur la santé, le fitness, le bien-être et la longévité. Avec des expériences, des lieux, des rituels, toute une idée de “bien vieillir” qui devient premium. Et forcément, ça a fait écho à nos discussions récurrentes sur les générations : X, Y, Z, Alpha… On a longtemps découpé la société comme ça, comme si les frontières étaient nettes. Mais est-ce qu’on peut encore la lire en tranches aussi propres ? J’ai l’impression que les lignes sont plus floues, et que ce qui rassemble vraiment aujourd’hui, ce n’est pas seulement une année de naissance; c’est une manière de vivre, des rituels : marcher plus, bouger, respirer, ralentir, choisir mieux, durer.

Et là, ma réflexion est devenue presque évidente : dans cette quête de longévité, on cherche des méthodes, des routines, des hacks… mais peut-être qu’on oublie les compagnons les plus simples. Qui mieux que les Converse pour nous accompagner dans nos rituels pour vieillir correctement ? Elles ne promettent pas la performance. Elles promettent la constance.

Au fond, on est un peu comme une bonne Converse : on traverse les âges, on se patine, on se répare parfois… et si on a de la chance, on vieillit bien. Moi, j’y reviens avec mon trio éternel : Converse, jean, t-shirt. Trois produits simples, intemporels, fidèles dans toutes les situations. Un peu usés. Un peu retrouvés. Portés fièrement.

Et vous, c’est quoi votre “méthode vieille Converse” ? L’objet ou le rituel qui vous suit, peu importe l’époque ou l’âge ?

Cet article a été écrit par Célina Bailly, intervenante, directrice artistique et experte en tendances.

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