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J'en parlerai mon Coach



Utilisé d'abord dans le domaine sportif pour améliorer les performances, le coaching a aujourd'hui envahi notre quotidien. À la différence du psy, le coach intervient directement sur le problème, sans en rechercher les sources, exerçant une sorte de thérapie du "mieux-aller" dans les domaines les plus divers.

Je travaille beaucoup avec les femmes qui veulent se relooker de l'intérieur, raconte Christiane Malagutti, coach personnel dans le sud de la France. À 40 ou 50 ans, quand les enfants quittent la maison et qu'elles se retrouvent seules, certaines femmes ont le sentiment de n'être plus utiles et leur vieillesse leur apparaît tout à coup. En dix heures de coaching, elles repartent avec un sentiment accru de leur propre valeur, avec des projets et des envies. Je leur permets de se redécouvrir, de se repositionner dans leur environnement pour mieux s'assumer.»Moitié nounou, moitié gourou, les coachs ont toujours eu un statut particulier. On les savait capables de grandes réussites, telle la victoire de la Coupe du monde de football, en 1998, grâce à Aimé Jacquet, mais on les croyait réservés exclusivement au domaine sportif. En fait, depuis quelques années, le métier de coaching s'est considérablement développé, envahissant peu à peu les sphères du monde professionnel pour atteindre aujourd'hui celles de notre vie privée.Le coaching est une sorte de thérapie du «mieux-aller». Fondé sur les valeurs sportives de performance, d'efficacité, de développement personnel, le coaching ne répond pas à une souffrance psychologique, mais au besoin de comprendre une situation nouvelle, de rétablir un équilibre de vie stable et d'assumer des changements parfois soudains: deuil, départ en retraite, problèmes de couple, instabilité émotionnelle, maternité mal assumée ou mal vécue. Les sujets sur lesquels un coach intervient sont multiples, mais toujours parfaitement définis. «Un coach n'est pas un psychothérapeute, précise Eric Albert, coach et psychiatre. Les problèmes soulevés sont différents et les méthodes n'ont rien à voir entre elles. Le psy vous aidera à répondre au "pourquoi" de votre mal-être, quand le coach vous aidera à transformer ce malaise en répondant à la question "comment".»

Ainsi, pour assurer la distinction des genres, Suzelle Gaborit-Stiffel, coach réfécencé à la SF Coach, explique qu'elle ne prend les couples en séances de coaching que s'ils lui sont envoyés par un thérapeute: «Le coaching ne peut pas expliquer une situation. Ilpeut la faire changer, mais il ne cherche pas les sources du conflit. Je travaille avec des couples qui ont la volonté de faire repartir leur histoire. Ils s'aiment, ou du moins, ont décidé de s'aimer à nouveau, mais ils ne se comprennent plus et leur quotidien est ingérable. On va alors s'attacher à modifier les comportements qui rendent la situation asphyxiante.
Mais je ne fais pas de psychanalyse du couple.»

Odile, qui est passée entre les mains d'un coach avant de prendre une décision capitale dans sa vie, raconte: «À 40 ans, j'ai réalisé soudain que j'étais en milieu de parcours, plutôt sur la phase descendante, et j'ai eu besoin de faire le point. Ça faisait longtemps que mon métier en politique me pesait, mais je n'avais jamais eu le courage de remettre en question le confort qu'il m'apportait ni le salaire élevé que je touchais. Or, je sentais confusément que ma vie m'échappait et que mon bonheur était ailleurs. Mais où? Ça, je ne le savais toujours pas...» raconte-t-elle. Concentrée sur ce mal-être naissant, elle se renseigne sur les différentes personnes à même de l'aider: un psychologue, un psychiatre, un médecin? «Aucun de ces professionnels-là n'aurait pu m'aider à répondre à mes interrogations. Je n'avais pas besoin d'un psy, parce que je ne pensais pas avoir de problème existentiel. Je n'avais pas besoin d'un médecin, car je recherchais un conseil, pas un traitement. C'est alors que j'ai entendu parler des coachs et je suis allée en voir un.»

Quinze séances plus tard, Odile voit plus clair, et décide de quitter son boulot pour se lancer dans l'humanitaire. «C'est comme si je vivais enfin, s'exclame-t-elle. Je fais ce que j'aime, je gagne certes beaucoup moins d'argent, mais je suis équilibrée et heureuse. J'ai l'impression d'avoir rajeuni et de ne pas avoir assez de temps pour faire tout ce qu'il me reste à faire!
Le coach ne m'a donné aucun conseil, mais il m'a permis de prendre du recul face à ma propre situation, de comprendre mes mécanismes émotionnels et de vivre en accord avec eux.»

Le coaching, et c'est là l'un de ses grands atouts, répond au problème en quelques séances.
«Un coach avec lequel vous travaillez depuis trois ans n'est pas un coach, mais un charlatan», explique Anne Garnier, coach en entreprise et dans le privé. Le client expose sa problématique, le coach détermine avec lui un nombre de séances nécessaires et établit un devis en amont. Le prix des séances tourne autour de 90 euros quand le coaching n'est pas pris en charge par une entreprise. Les entretiens ont lieu de façon régulière, et une synthèse de session, avec plan d'action à réaliser pour le rendez-vous suivant, est établie à chaque fois. «Le coaching travaille surtout sur les changements comportementaux et sur la mise en exergue des valeurs fondatrices de l'individu, détaille madame Malagutti. Il s'agit de mettre à jour ce qui, inconsciemment, nous motive et nous fait vibrer. Le coach est un révélateur de personnalité.» Le coaching se fait en quatre étapes: il faut d'abord se fixer un objectif précis à atteindre. «Rétablir une situation sereine au sein du couple», par exemple. Puis travailler à l'élaboration de changements comportementaux: permettre à l'autre de parler, l'écouter sans l'interrompre, cesser de se penser à sa place lors des disputes, prendre du recul par rapport à la situation conflictuelle, et analyser les émotions sincères que la situation provoque en nous. «Changer les comportements, précise Eric Albert, suppose de désamorcer les émotions qui sont en amont et de remettre en cause leur représentation, toujours inadaptée à la situation.»

Prenons l'exemple d'un homme très nerveux qui se met en colère facilement. Quand on lui demande pourquoi il s'énerve, il explique qu'il a le sentiment qu'on se fiche de lui si on ne lui obéit pas immédiatement ou si on le contredit. Avec le coach qui lui renverra à l'infini des questions sur ses réactions, il se rendra compte que les gens qui le contredisent ou ne lui obéissent pas ne se moquent pas de lui. Qu'ils ont des raisons de le faire, et qu'aucun jugement de valeur ne lui est porté. Il comprendra alors que sa réaction de colère face à une résistance est inappropriée et pourra changer son comportement lors de prochains conflits. La suite du coaching permettra de valider ces changements et de les ancrer profondément. Arrive ensuite le moment de la conclusion du coaching qui permet de faire la synthèse sur l'objectif de départ, les mesures prises et le résultat. Ce n'est qu'ainsi que le coaché maîtrisera ses changements.


Traduction et adaptation française Planete Coach

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