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Que peut- on attendre du coaching?
Aide à la décision ou assistance personnalisée pour cadres déboussolés ?À mi-chemin entre l'entraîneur sportif et le psychologue, le coach d'entreprise accompagne les managers
en fonction de leurs besoins professionnels.
En entreprise, on reste dans le rationnel, on n'a pas le droit de parler de l'émotion. Or, à 80 %, les problèmes que l'on y rencontre sont d'ordre relationnel et, derrière, il y a des émotions. » Jean-Louis Mas est devenu coach au cabinet Ressources et Structures, après vingt ans de DRH. « Notre fonction, ce n'est pas d'aller dans la régression comme un psy, mais d'écouter quelqu'un dire : j'ai le trac, j'ai peur. » Arrivé des Etats-Unis dans les années 90, le coaching a d'abord été une démarche d'accompagnement pour dirigeants de grandes entreprises.
Désormais, il fait florès dans nombre de sociétés françaises, et concerne des cadres de tous niveaux hiérarchiques. La raison de cet engouement ? Un environnement professionnel de plus en plus mouvant. Aujourd'hui, un cadre occupe entre quatre et huit fonctions au cours de sa vie professionnelle. C'est une source de motivation, certes, mais aussi de stress.
Le coaching vient comme une aide, dès qu'il y a changement dans la vie du salarié, qu'il soit positif ou négatif.
L'inconnu, source de stress
On distingue trois grands types de coaching. Le premier, dit de « croissance », concerne un cadre au parcours professionnel ascendant, appelé à de nouvelles fonctions. Le deuxième, dit « de crise », intervient lorsque la personne est confrontée à un bouleversement de son milieu de travail, une restructuration, une intégration par exemple. Dans les deux cas, l'inconnu est source de stress. Enfin, plus délicat à mettre en ?uvre, plus confidentiel aussi, le coaching qui cherche à remédier à des problèmes de comportement ou d'attitudes : trop d'agressivité, manque de confiance, difficulté à communiquer, etc. Qui demande à être coaché ? « C'est, le plus souvent, la DRH de l'entreprise qui évalue le besoin pour quelqu'un à très fort potentiel, qu'elle souhaite aider dans ses nouvelles fonctions ou repositionner sur le plan professionnel », constate Marie-Pierre Rioton, coach au cabinet parisien Artésia.
C'est l'expert-informaticien à qui l'on demande de devenir manager, l'ingénieur appelé à devenir expert, ou le manager qui se voit confier une plus grande équipe. Mais on peut aussi, soi-même, vouloir être coaché.
Ce fut le choix de Bernadette Depres, 50 ans, cadre depuis dix ans dans un grand groupe de formation. Arrivée à ce stade de sa carrière, elle a éprouvé le besoin de faire une sorte de bilan de compétences, mais pas au sens classique du terme. « Je voulais effectuer un véritable travail sur moi-même, vaincre la lassitude qui commençait à me gagner. J'ai donc entamé ce travail, qui, dès le départ, m'est apparu stimulant. » S'en suivent plusieurs mois de séances, à raison d'une tous les quinze jours avec ont changé jusqu'à mon comportement vis-à-vis de mes collègues ou de mes proches. » La motivation d'Eric de Dinechin, 50 ans, était différente. Il savait pertinemment ce qu'il en attendait : bien gérer un tournant délicat dans sa carrière, c'est-à-dire le passage de la grande industrie à une PME. « Sans trop d'introspection, on a identifié ce qui allait et ce qui n'allait pas. Puis mon coach m'a proposé des programmes ciblés, qui étaient bien adaptés, et en six mois mon intégration a vraiment été facilitée. »
Aller jusqu'au bout de la démarche
Condition sine qua non pour un coaching abouti ? Un bon feeling, une vraie relation de confiance, et de l'authenticité. « La personne trouvera dans le coaching ce qu'elle y aura investi », affirme ainsi Marie-Pierre Rioton. « Quant au coach, ce qui prime pour lui, c'est le souci constant de faire un accompagnement en adéquation avec les besoins de la personne. Au bout du compte, le coach doit tout faire pour ne pas être indispensable. » D'où, comme préalable à tout travail, la nécessité d'analyser la demande et les besoins du coaché, ce qui ne va pas toujours de soi. L'intéressé ayant en effet parfois des difficultés à identifier son vrai problème.
Jean-louis Mas se souvient ainsi de l'un de ses premiers clients. « C'était quelqu'un de très froid, qui se disait hostile à un changement que son chef voulait lui imposer. Il m'a fallu un moment pour réaliser que la véritable demande, c'était de traiter la relation ambiguë qui le liait à son chef, un ami de vingt ans ! »
Le coaché peut connaître un passage à vide, vouloir tout arrêter. Les séances peuvent alors être suspendues. « II faut respecter la personne, insiste Marie-Pierre Rioton, la laisser souffler, digérer pour pouvoir mieux repartir. » C'est que le coaching, qui emprunte ses méthodes à la psychologie, à la PNL (programmation neurolinguistique), à l'analyse transactionnelle, ne fait pas pour autant fi de la connaissance de l'entreprise, du management, de la formation. C'est un plus
pour le coach d'avoir l'expérience de l'entreprise, mais il ne doit pas céder à la tentation du conseil. C'est à la personne de trouver ses solutions.
« Coacher, renchérit Jean-Louis Mas, c'est apprécier quelqu'un, l'aider à se développer, savoir qu'il a en lui ses problèmes et ses solutions. C'est le mettre en face de ses peurs et l'amener à les surmonter. Depuis que je fais ce métier, j'ai identifié des modèles qui, si je les avais connus au début de ma carrière, m'auraient évité bien des insomnies ! »
Sylvie Mantoux
Traduction et adaptation française Planete Coach
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